top of page
  • Photo du rédacteurLéanne Dejeu

Santé mentale, libération de la parole sur les réseaux sociaux

Alors que de plus en plus d’études démontrent que les réseaux sociaux peuvent être néfastes pour la santé mentale des plus jeunes - The Lancet Child and Adolescent Health, 2019 - les créateurs de contenus se réapproprient le sujet pour en faire leur fer de lance.



La nouvelle génération en quête d’authenticité

Si la génération Y a découvert Instagram à son adolescence et l’utilise pour afficher leur vie rêvée; la génération Z, elle, réinvente son utilisation. À bas les photos retouchées, la génération Z veut du vrai ! Adepte du Finsta qui est un compte secondaire où l’on se livre sans filtre, la génération Z veut casser les codes et montrer son authenticité. À l’image de la grande prêtresse de cette pratique, Emma Chamberlain qui n’hésite pas à publier des photos où elle pleure sur son compte, suivi par 15,7 millions de personnes.


Avec cette nouvelle génération, les pratiques des influenceurs se métamorphosent encore une fois. Les influenceurs les plus connus n’hésitent pas à se livrer de manière honnête sur leurs ressentis. Bella Hadid, par exemple, suivie par plus de 53 millions de followers, a choisi de parler ouvertement de son anxiété fin 2021.

Body positivisme, santé mentale, self care… sont désormais sur toutes les bouches de nos influenceurs préférés !




Le covid & la santé mentale

Et dans ce florilège de métamorphoses des pratiques, le Covid a fait son apparition. Et qui dit Covid dit distanciation sociale ! Les jeunes générations, d’abord ravies de l’école à distance, ont très vite vu leur santé mentale impactée par les mesures prises pour lutter contre la pandémie.


Pour pallier cette situation alarmante, plusieurs associations ont mis en place des campagnes pour libérer les jeunes sur le tabou de la santé mentale. Par exemple, la campagne « Je peux en parler », initiative menée par l'association Nightline France, a développé un ensemble de moyens pour améliorer la santé mentale étudiante en agissant à l'échelle individuelle et collective.


Et pour toucher les jeunes, quel meilleur moyen que les réseaux sociaux ? Avec le compte Instagram @nassera_cest_toi, Nightline France propose un concept de série immersive. Le pitch : Nassera, le personnage principal, commence à remarquer des changements dans le comportement de son ami et découvre qu'il rencontre des problèmes de santé mentale. Le scénario s’adapte ensuite en temps réel au gré des votes en stories de la communauté qui est sollicitée sur différentes situations touchant de près ou de loin à la santé mentale.




Des influenceurs spécialisés dans la santé mentale ?

Grâce à Tiktok, le sujet de la santé mentale est repris par de nombreux micro-créateurs. Le sujet se popularise donc et n’est plus l’apanage des plus gros comptes.


Trouble du déficit de l’attention, trouble du spectre autistique, syndrome de Gilles de la Tourette… tous ces troubles sont passés au crible par les tiktokeurs qui décryptent les symptômes pour faciliter leur diagnostic, à l’image du compte @culturepsy et ses 32 900 abonnés.


Et alors que l’ouverture du dialogue est une véritable aubaine pour certains, d’autres critiquent les lacunes de ces “pseudo-experts” et les psys dénoncent une vague d'auto-diagnostics biaisés. Le #selfdiagnosis récolte d'ailleurs pas moins de 46,9 millions de vues sur Tiktok.


La santé mentale, des réseaux sociaux aux médias

Bien que le sujet soit controversé, cette tendance a permis à de nombreuses personnes atteintes de troubles de s’exprimer et de créer des espaces de dialogue safes.


À l’image du système Olympe et de Christina toutes deux atteintes du trouble dissociatif de l’identité. Révélées sur Tiktok, les deux créatrices de contenus ont ensuite choisi Youtube qui propose des formats plus longs afin d’explorer leur trouble. Le “Journal d’Olympe” est suivi par 228 000 abonnés, quand à la chaîne de Christina “The Peculiar Club”, elle regroupe actuellement 78 600 followers.


Grâce à cette libération de la parole sur le TDI, de nombreux médias (tels que Brut ou encore Konbini mais aussi des émissions télé comme Ça commence aujourd’hui) ont mis en avant le trouble et plus largement la santé mentale au cœur du débat public. Christina a même participé, il y a peu, au célèbre programme de conférences TEDx.


Des applications qui surfent sur la tendance

Avec plus de 100 millions de téléchargements, l’application Calm a su prendre le pas de cette libération de la parole. Stress, anxiété, angoisses nocturnes, problèmes de sommeil… l’application a la solution : la méditation pour la modique somme de 49,99€ par an (ou 329,99€ à vie pour les plus accros).


Au fil des années, l’application a su se réinventer en développant des longs métrages (avec Baa Baa Land, un film de 8h où vous aurez le plaisir d’entendre le bêlement mélodieux de moutons) mais aussi grâce à la présence de guests tels que la star internationale Kate Winslet.


Les marques friandes de ces sujets

Et alors qu’il y a quelques années, les marques se seraient éloignées de ce sujet, vu comme trop personnel et peu vendeur, aujourd’hui c’est tout le contraire.


En effet, proposer des partenariats à des créateurs de contenus qui traitent ce genre de sujet est désormais très populaire. Ceci leur permet de s’engager sur ces sujets mais également de mettre en avant leur authenticité. C’est donc tout l’écosystème qui s’est réinventé !

Par exemple, la marque de vêtement responsable Les Lunes, a choisi le profil d’Olympe pour parler de ses produits.


Mais le combat n’est pas gagné…

On peut effectivement dire merci aux réseaux sociaux pour cette vague de contenus positifs qui démocratisent la santé mentale, invite à s’assumer tel que l’on est et à parler librement de ses troubles et de ses anxiétés !


Mais bien qu’il y ait du positif, les réseaux sociaux restent source d’anxiété et catalyseur de mal-être à l’image des challenges ridicules qui y pullulent. Le dernier exemple en date : le #EarphoneWaist qui consiste à faire le tour de son buste avec une paire d’écouteurs filaires.


Les réseaux sociaux ont donc encore du chemin à faire pour enterrer les démons de leurs utilisateurs !


Sources

  • “Sur TikTok, l’auto-diagnostic des ados inquiète les psys”, Madmoizelle, 27 décembre 2021

  • “Cette nouvelle ressource vole au secours des étudiants ayant des problèmes de santé mentale”, Madmoizelle, 18 novembre 2021

  • “Avec Calm, ils ont créé le Nike de la santé mentale”, L’ADN magazine, 8 octobre 2021

Comments


bottom of page